Bio, mais pas que !

L'agriculture biologique est avant tout connue pour son cahier des charges environnemental. Pour beaucoup de paysans qui ont choisi ce mode de production, c'est aussi un chemin vers un nouveau système agricole qui englobe beaucoup plus que les techniques culturales et les pratiques d'élevage.

Les onglets ci-dessous sont le fruit d'un travail collectif mené à l'APABA. Une exposition et un livret pédagogique reprenant ces enjeux est à votre disposition. N'hésitez pas à la demander pour vos écoles, médiathèques, journées grand public, fermes....

Paysan en bio, je suis fier de préserver la biodiversité

Qu’est-ce que la Biodiversité ?

Apiculteur

Il s'agit notamment de la variété des écosystèmes, des animaux, des végétaux et des micro-organismes au niveau génétique, qui sont nécessaires à la préservation de la vie humaine ainsi que des fonctions clés des écosystèmes (FAO).

De nombreuses études montrent que sur les fermes en agriculture biologique nous trouvons :

  • Une plus grande diversité des espèces végétales non cultivées.
  • Une population de petits mammifères plus importante.
  • Un plus grand nombre d'organismes vivants dans les sols.
  • Et aussi, par l'absence de pesticides, par la préservation des éléments naturels et l'augmentation de la nourriture disponible, une plus grande population d'oiseaux.

(Sources : Stolze et al.1995 et 2000)

Pourquoi la biodiversité ?

La préservation des éléments naturels sont de véritables réservoirs pour la faune et la flore (haies, murets, mares, bosquets…).

Les espèces végétales anciennes ou rustiques étant parfaitement adaptées à l’environnement dans lequel elles sont cultivées sont plus aptes à résister aux conditions climatiques ainsi qu’aux maladies et aux ravageurs. De plus, en utilisant un plus grand nombre de variétés, le paysan offre plus de diversité gustative.

Il en est de même pour les races animales, souvent oubliées au profit de races dites « productives », elles permettent du fait de leur adaptation à leur milieu d’élevage de limiter considérablement les traitements vétérinaires, et par leur rusticité à une meilleure valorisation des espaces naturels.

Einstein

Pratiques culturales et biodiversité en agriculture biologique

Les rotations et les associations de cultures, les cultures de couverture, les engrais organiques et le labour en superficie augmentent la densité et la richesse des invertébrés indigènes.


Cette biodiversité :

  • améliore la formation et l’amendement du sol,
  • recycle les nutriments,
  • stabilise le sol contre l’érosion et les inondations,
  • détoxifie les écosystèmes,
  • contribue à la capacité de fixation du carbone des sols.

Paysan en bio, j’œuvre dans l’intérêt collectif

Interet collectif


Œuvrer dans l’intérêt collectif c’est faire le choix d’une agriculture ayant  des conséquences positives pour le plus grand nombre, et de la manière la plus large possible.

Ces conséquences positives sont par exemple, le maintien de la biodiversité, la production d’une alimentation saine pour la santé humaine*, le développement d’une économie locale et solidaire, et une notion de durabilité qui se traduit par la protection du bien commun que sont les ressources naturelles, l’eau, l’air, et le sol.

Santé humaine

Une bonne nutrition est essentielle pour maintenir une bonne santé et prévenir la maladie. Les aliments biologiques peuvent jouer un rôle important dans l’amélioration de la santé humaine, parce qu’ils sont plus nutritifs et sont exempts ou presque de résidus toxiques.

Les produits biologiques contiennent: moins d’eau, donc un contenu supérieur en nutriments, plus de fer, de magnésium, de vitamine C et d’antioxydants, plus d’acides aminés essentiels. Les pratiques d’élevage biologique visent à optimiser la santé et le bien-être des animaux, ainsi les produits animaux biologiques sont plus sains pour les êtres humains.

Extrait de l’IFOAM, association internationale pour l’agriculture biologique.

Préservation des ressources naturelles

L’EAU

C’est grâce au refus d’utilisation de pesticides et fertilisants de synthèse, et c’est grâce à des pratiques comme la rotation des cultures, à un choix d’élevage extensif , au maintien des prairies et de couvert végétaux retenant les nitrates que l’agriculture biologique permet avant tout de prévenir les pollutions de l’eau et d’éviter les traitements coûteux a posteriori.

Un exemple à suivre : La ville de Munich. Suite à un programme de conversion à l’agriculture biologique, 108 paysans cultivent aujourd’hui 1985 ha sur la zone de captage du bassin-versant. Les concentrations en nitrates et en pesticides sont en dessous des limites légales et l’eau de Munich ne subit plus aucun traitement de la source au robinet. Le coût de la dénitrification si la ville avait dû retraiter l’eau : 0,23€/m3. Le coût du programme de soutien à la bio 0,01€/m3.

L’AIR

L’agriculture biologique est une méthode de culture avantageuse, avec un potentiel considérable pour atténuer le changement climatique et s’y adapter. Par ses techniques (couverture des sols, cultures pérennes, rotation des cultures, peu ou pas de labour, compostage, gestion du pâturage, agroforesterie…) elle diminue les émissions de gaz à effet de serre et renforce la séquestration du carbone. De nombreuses expérimentations de terrain, partout dans le monde, montrent que la fertilisation biologique – si on la compare à la fertilisation minérale – augmente le carbone biologique du sol, permettant ainsi une plus grande séquestration de CO2 de l’atmosphère dans le sol.

De plus les matières actives de synthèse utilisées par l’agriculture conventionnelle pour lutter contre les mauvaises herbes, les maladies et les ravageurs se retrouvent dans l’air, par volatilisation lors des pulvérisations, par évaporation des molécules d’eau contenant les matières actives et par transport par les vents de particules de terre ou de poussières sur lesquelles les matières actives sont restées fixées.

Le SOL

Non renouvelable à l'échelle des générations humaines, le sol est à protéger des dégradations irréversibles.

Cette préservation est la base de sa fertilité à long terme et l'assurance d'une production alimentaire durable.

En maintenant une richesse en matière organique on améliore les caractéristiques physiques des sols, stabilité structurale, porosité, rétention en eau, ce qui permet de réduire les risques irréversibles dans certains cas, de ruissellements, d'érosions, de tassements, et de stérilisation des sols.

Le sol doit rester un milieu vivant multifonctionnel, abritant toute une faune - microchampignons, insectes, vers de terre, etc. L'ensemble des études montre que les teneurs en matière organique dans les sols cultivés sont plus élevées en cas de pratiques biologiques (20 à 30 % de biomasse microbienne en plus, 30 à 40 % de vers de terre en plus, 90 % d'araignées en plus et une grande diversité d'espèces, 40 % de mycorhizes en plus en colonisation racinaire, avec tous les bénéfices induits pour la nutrition des plantes et la protection phytosanitaire).

(Sources : Etudes réalisées sur 21 ans par le FIBL, institut de recherche pour l'AB en suisse (Mäder et al, 2001)

Paysan en bio, j’ai choisi des pratiques pour une nourriture saine

Nourriture saine

Une nourriture saine

Une nourriture saine dépend de la quantité que nous  consommons, de la variété des aliments qui la composent et de nos besoins nutritionnels. Il n’existe pas d’aliment complet en lui même, qui fournirait tous les éléments nutritifs dont nous avons besoin. Il faut donc y inclure des céréales, des légumes, des fruits, des produits laitiers, des viandes, du poisson et de l’eau.

Mais pour que cette définition soit complète il faut que tous ces produits soient exempts de produits nocifs pour l’organisme. Les  produits issus de l’agriculture biologique apportent la meilleure garantie par l’absence de produits toxiques tel que les pesticides.

Un aliment non certifié bio peut contenir jusqu’à 60 produits chimiques différents, les aliments biologiques sont fabriqués sans additifs chimiques de synthèse (conservateurs chimiques, exhausteurs de goût, colorants artificiels). (Sources : AproBio 2005)

La peau des fruits et légumes biologiques ne contient généralement pas de pesticides, il n’est donc pas nécessaire de les éplucher. C‘est un avantage car c’est dans la peau que sont concentrés les polyphénols, substances de défense de la plante, qui jouent un rôle anticancéreux sur la santé humaine. (Sources :Aubert 2006)

Pesticides, nitrates et OGM : attention danger !


Les pesticides
synthétisés pour tuer l’organisme visé, tel que les champignons (fongicides), les insectes (insecticides), les mauvaises herbes (herbicides), ne sont pas sans impact sur les organismes non-ciblés comprenant la flore, la faune terrestre, aviaire, entomologique et aquatique, mais aussi pour nous ; les êtres humains. Les pesticides peuvent entre autre affecter le système respiratoire et immunitaire de l’humain, provoquer des affections dermatologiques, perturber le système hormonal, affecter la fertilité et le système de reproduction et provoquer le développement de cancers. (Sources : Ritter et al, 2006. Gonnel et al 2004. Orbs,2000.)

Pour les nitrates, des concentrations excessives dans l'eau potable peuvent causer des maladies graves et parfois mortelles. Chez les adultes et les nourrissons, l'effet néfaste est lié à la conversion de nitrate en nitrite dans l'organisme, ce qui interfère avec la capacité du sang à transporter l’oxygène.Dessin qui bio

Et le principal danger lié à l'utilisation d'OGM dans notre alimentation est l'apparition de substances toxiques ou allergisantes dans les aliments dérivés d'un OGM.

En respectant les saisons, en multipliant les variétés pour une plus grande diversité gustative, en augmentant les durées de vie des animaux, et en garantissant l’absence d’OGM et de produits toxiques (voir ci-dessus) l’agriculture biologique, répond à l’attente que nous pouvons nous faire d’une nourriture saine.

De plus elle ne contribue pas à une pollution de l’alimentation produite par d’autres modes de cultures.

Paysan en bio, le respect du bien-être animal m’importe

Bien être animal


Le bien-être animal peut être défini par les vérifications d'absence de soif de faim, de malnutrition, d'inconfort, de douleurs, de blessures et de maladies, de peur, de détresse et par la possibilité d'exprimer des comportements propres  à l'espèce. Ce bien-être objectif relève de l'éthique dans la conduite d'un élevage. (ITAB 2002).

C'est un sentiment qui peut être partagé par le plus grand nombre, mais en agriculture biologique cette notion prend tout son sens par des règles strictes à respecter, et ceci dans tous les domaines de la vie de l'animal : de l'alimentation à la médecine vétérinaire en passant par le confort des conditions de vie et les durées d'élevage.


L'alimentation
des animaux est issue de l'agriculture biologique et provient en grande partie de la ferme. La consommation de produits d'ensilage et de concentrés est limitée. Les OGM* sont interdits. Les mammifères sont nourris au lait maternel. Le gavage est interdit.

* Organisme génétiquement modifié


La médecine vétérinaire
en agriculture biologique donne la priorité aux traitements alternatifs (phytothérapie, homéopathie et autres médecines naturelles), le recours aux antibiotiques est limité et n'est utilisé qu'en cas de stricte nécessité et dans ce cas-là les délais d'attente pour la commercialisation sont doublés. Les traitements hormonaux pour la reproduction sont interdits.

D'une manière générale, la santé des animaux est basée principalement sur la prévention, avec des méthodes d'élevage stimulant les défenses naturelles. Les souches et races sont adaptées et résistantes, de préférence indigènes et/ou rustiques.


Dessin - Bien être

Le confort des conditions d'élevage , que ce soit en extérieur ou en bâtiments, est assuré par des normes réglementaires limitant la densité des animaux.

  • L'attache de façon permanente des animaux est interdite.
  • L'élevage hors sol est interdit.
  • Tous les animaux ont accès au parcours et les ruminants pâturent dès que les conditions le permettent.
  • Chaque animal dispose d'une surface minimum, paillée à l'intérieur des bâtiments, lui permettant de se mouvoir librement.
  • La taille des élevages est limitée.

Paysan en bio, je travaille pour construire une agriculture solidaire

Agri solidaire


L’agriculture biologique a une action solidaire dans de nombreux domaines, que ce soit environnemental en préservant les ressources pour les générations futures, économique par l’emploi de main d’œuvre supérieur à celui de l’agriculture conventionnelle et social par le maintien d’un lien vers le reste de la population. De plus, en privilégiant une agriculture locale elle participe au maintien de la souveraineté alimentaire*, qui elle seule peut faire face au défi de nourrir le monde.

 

*"La souveraineté alimentaire est le droit des peuples de définir, dans les domaines, de l'alimentation, des politiques écologiquement, socialement, économiquement et culturellement adaptées à leur situation unique. Elle comprend le droit à l'alimentation et à la production d'aliments, pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs sociétés." Extrait de la définition adoptée par plus de 400 ONG.

 

Elle préserve les ressources, biens communs de l’humanité.

L’agriculture biologique permet avant tout de prévenir les pollutions de l’eau et d’éviter les traitements coûteux a posteriori. Elle limite les gaz à effet de serre en renonçant aux engrais de synthèse et elle  diminue la quantité de CO2 dans l’air en le stockant  dans le sol  grâce à l’augmentation de la teneur en humus. Elle préserve le sol, pour les générations futures, en limitant son érosion par le maintien de la biodiversité

 

Elle favorise l’emploi sur les fermes.

Par ses choix de renoncement aux produits phytosanitaires, et donc par des pratiques qui imposent de passer plus de temps dans les champs et les étables, elle utilise 50% de main d’œuvre en plus que l’agriculture conventionnelle.

(Source : recensement agricole 2010 - Agreste)

 

Elle privilégie le rapport avec le consommateur.

Par l’intermédiaire des circuits courts l’agriculture biologique permet aux paysans de vivre dignement sur des structures à échelle humaine et aux consommateurs de s’approvisionner à un prix juste. Et ce malgré le fait qu’elle soit moins subventionnée (en moyenne 20% de moins*), qu’elle fasse appel à plus de main d’œuvre, qu’elle soit soumise à des charges de certification du label, et qu’elle soit rémunératrice pour le paysan.

(*Source : Portes d’entrées pour l’Agriculture Biologique -  Gab Idf)

 

Circuit court

Elle est solidaire par sa capacité à faire face au défi de nourrir le monde.

« Une conversion planétaire à l’agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l’ordre de 2640 à 4380 kilocalories par personne et par jour (le besoin journalier est de 2200 à 2600 kilocalories suivant les individus). Ainsi, même si des études complémentaires sont encore nécessaires, l’agriculture biologique peut permettre de produire un volume suffisant pour nourrir l’humanité. »

« C’est par une meilleure répartition de la disponibilité alimentaire dans un système mondialisé que chaque pays pourra assurer sa souveraineté alimentaire. »

Extrait du rapport de la FAO sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire. Rapport écrit par 350 participants venant de 80 pays.

Paysan en bio, j’ai choisi les liens avec les consommateurs

Lien conso


Dans une démarche écologique et économique le paysan en agriculture biologique favorise la commercialisation en circuit court. Pour cela il existe différentes structures telles que les Amap (voir ci-dessous), les points de ventes collectifs (Biocoop, les boutiques de producteurs), les groupements d’achat,  et bien sûr la vente directe à la ferme, sur les marchés ou à domicile.

Cette vente en circuit court permet aux paysans et aux consommateurs de se rencontrer. Les échanges ont vocations à faire connaître le métier de paysan, les pratiques de la bio, les enjeux sociaux et économiques, à construire ainsi un rapport de confiance.

Ce rapport de confiance est consolidé en agriculture biologique par un cahier des charges et une certification garantissant le contrôle de la production.

Et réciproquement le consommateur mieux informé prend conscience de l’enjeu de l’alimentation sur sa santé, et sur l’économie locale ou régionale. Au travers de ses actes d’achats et de la place qu’il veut consacrer à l’alimentation, le consommateur a capacité à changer le modèle agroalimentaire en place.

La certification en Agriculture Biologique


Pour renforcer le rapport de confiance, le paysan en bio fait le choix de faire contrôler sa ferme par un organisme indépendant, qui vérifie que les pratiques sont en adéquation avec Les règles de production biologique. Celles-ci  sont consignées dans des cahiers des charges établis par les professionnels et homologués par l’Union Européenne. Le respect de ces règles est vérifié par des organismes certificateurs indépendants qui contrôlent chaque unité de production et de transformation de produits biologiques. Ce contrôle, payé par le paysan, est effectué au minimum une fois par an et autant que nécessaire en rapport avec la complexité du processus de fabrication, tant pour la production que pour la transformation ; il aboutit à la certification des produits. Il est pour le consommateur la garantie que les produits qu’il achète auront été élaborés en respectant des cahiers des charges rigoureux.

Bio beauLes AMAP

Les Associations pour le maintien d'une agriculture paysanne sont destinées à favoriser l'agriculture paysanne et biologique.

Le principe est de créer un lien direct entre paysans et consommateurs, qui s'engagent à acheter la production de celui-ci à un prix équitable et en payant par avance.